… Per Angusta fait écho à ma première création Ad Augusta. Cette dernière louait les mérites de l’effort et de la volonté. Récemment cependant, j’ai été confronté à la mort d’un ami cher, Stefan Gräub, ainsi qu’à la maladie de certains de mes proches. Ceci m’a exposé aux limites de la volonté. Ad Augusta signifie « vers des lieux élevés, vers le sommet », mais pour y parvenir, il faut sans cesse passer « Per Angusta », soit par des chemins ardus et difficiles. L’œuvre comprend différentes parties délimitées par leur tonalité. Ces parties peuvent se répéter mais gardent toujours la même signification.

La tonalité de ré mineur décrit notre avancée dans la vie : parfois mystérieuse (comme au début) mais très souvent effrénée et plutôt imprévisible. Rien ne semble pouvoir l’arrêter, même si ceux que nous aimons périssent autour de nous.

Dès que sol mineur apparaît, c’est pour annoncer le thème de l’acceptation de ce qui dépasse notre volonté. Pour trouver la paix, il faut accepter la mort et la maladie.

Très souvent, nous ne sommes pas préparés à supporter autant de douleur, c’est pourquoi éclate à plusieurs reprises un cri de rage déchirant. Il se définit par un rythme violent et un accord dissonant. Parfois aussi notre colère se transforme en chagrin, ce que j’ai voulu représenter par les transitions harmoniquement plus complexes vers si mineur.

Dès que si mineur apparaît, c’est pour mettre en avant un certain désespoir : il semble que nous soyons piégés dans un cercle vicieux. La vie continue mais tout ce qui fait que nous l’aimons nous est arraché. Pour sortir de ce cercle vicieux, il faut s’armer de courage, d’où la couleur plus épique des développements en si mineur.

La tonalité de mi mineur permet d’ouvrir une nouvelle voie. Cependant, malgré notre courage, il semble que nous ne soyons pas encore prêts pour l’acceptation. Il faudra attendre le retour de sol mineur, tonalité maîtresse du thème de l’acceptation. Ce dernier est annoncé par un quatuor de tubas, ce qui constitue un hommage à Stefan qui jouait de l’euphonium. L’acceptation de la douleur peut donc se faire, même si j’ai souhaité laisser une ambigüité dans l’accord final. En effet, j’ai l’impression que la douleur ne s’efface jamais vraiment. Pour cette raison, on peut voir le dernier accord à la fois comme majeur et mineur.

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